Lot n° 1
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François BOUCHER (Paris, 1703-1770) - Lot 1
François BOUCHER (Paris, 1703-1770)
Nature morte au vanneau huppé et au combattant varié
Toile d'origine
Hauteur : 45 cm
Largeur : 33,7 cm
Cadre en bois sculpté doré d'époque Louis XIV
Signé en bas à gauche f. Boucher
La Nature morte au vanneau huppé et au combattant varié constitue une rare et précieuse incursion de François Boucher dans le genre de la nature morte. Elle est la premiere à être retrouvée. Par la qualité de son exécution, sa touche assurée, ses empâtements maîtrisés, le rendu minutieux des textures, notamment des plumages, elle témoigne du métier accompli de l'artiste à son apogée. La dominante de noirs subtilement nuancés de verts profonds, l'équilibre de la composition et l'élégance de la matière picturale rattachent cette oeuvre aux années 1745, au moment où Boucher s'éloigne des influences nordiques du XVIIe siècle qui avaient nourri ses débuts.
Il n'est d'ailleurs pas le seul peintre d'histoire et de paysages, ou spécialisé dans le portrait du 18e siècle qui, de
manière épisodique et parfois même unique, ait peint les objets inanimés; citons entre autres Largillière,
Subleyras, Taraval, Liotard, Vien, ou même le sculpteur Houdon (la grive morte, coll. part.) et Goya.
Si certaines de ses scènes de genre du début des années 1730, telles La Belle Cuisinière, La Belle Villageoise ou Le Retour du marché, intègrent des éléments de natures mortes, notre toile est stylistiquement plus proche des trophées de chasse visibles au pied de Diane au bain (musée du Louvre, 1742) ou dans Le Repos des nymphes de Diane au retour de la chasse (musée Cognacq-Jay, 1745, inv. J.10).
Ce type de sujet évoque immédiatement Jean-Baptiste Oudry qui s'en était fait une spécialité et dont Boucher fut proche dès les années 1730. Leur collaboration à la manufacture de Beauvais dès 1736, tout comme l'acquisition par Boucher avant 1739 d'une Nature morte avec une perdrix et un lapin d'Oudry (aujourd'hui au château de Drottningholm, inv. DRH 28), attestent de leur dialogue artistique.
Bien que nombre de natures mortes de Boucher aient disparu, on sait par les Mémoires de son élève Johann-Christian von Mannlich (édition française de 1949, p. 217) qu'il peignait chaque matin, durant deux heures, les objets à sa portée, appliquant scrupuleusement les principes d'Oudry exposés dans sa conférence Manière d'étudier la couleur en comparant les objets entre eux (Académie royale, 1749).
Notre nature morte manifeste pleinement cette pratique : elle combine illusionnisme hérité des trompe-l'oeil hollandais du XVIIe siècle (clou en relief, éclat lumineux, cordelette nouée) et sensualité propre à l'esthétique rocaille. La matière, fluide et légèrement empâtée, notamment dans les teintes bleu-gris des plumages, indique un tableau conçu pour un amateur éclairé. La signature discrète, bien intégrée à la matière, suggère d'ailleurs une commande, et non un simple exercice d'atelier.
Nous remercions Madame Françoise Joulie pour son aide dans la rédaction de cette notice.
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