Sèvres - Lot 300

Lot 300
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Estimation :
60000 - 80000 EUR
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Sèvres - Lot 300
Sèvres Groupe en biscuit de porcelaine dure représentant l'allégorie de la naissance du Dauphin sous les traits d'une femme drapée, assise sur trois dauphins entrelacés, tenant l'enfant royal qu'elle présente à la France. Base circulaire. Marqué en creux « LR 1 » Modèle de Pajou. XVIIIe siècle, vers 1782. H. 41 cm. La naissance du Dauphin : un événement attendu depuis onze ans Louis-Joseph, premier fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, naît à Versailles le 22 octobre 1781, onze ans après le mariage du couple royal. L'événement, considéré comme le retour à la stabilité dynastique après la naissance en 1778 de Madame Royale, provoque une explosion de manifestations officielles : feux d'artifice, cérémonies d'actions de grâces à Notre-Dame, médailles commémoratives, pièces de théâtre. En prévision de cet événement, la manufacture de Sèvres crée de nouveaux décors et nouvelles formes intégrant des motifs de dauphin. Ainsi le Vase Jardin à Dauphin, vraisemblablement offert par Louis XVI au prince Henri de Prusse, aujourd'hui dans les collections du musée du Louvre, est mentionné dans le registre des Travaux des peintres dès le 3 septembre 1781 (M.-L. de Rochebrune, « Sept nouveaux vases de la Manufacture royale de Sèvres », L'Estampille, février 2000, n° 344, p. 36-37). En septembre 1781, Jean-Jacques Bachelier est chargé de dessiner pour la manufacture de Sèvres des allégories de la naissance du Dauphin. Il fournit notamment les dessins pour un gobelet en porcelaine dure que le comte d'Angiviller, directeur général des Bâtiments du Roi, souhaite présenter à la Reine « si nous avons un Dauphin ». Le comte d'Angiviller commande à cette occasion à Augustin Pajou (1730-1809), sculpteur ordinaire du roi et membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture, un modèle destiné à être édité en biscuit de porcelaine dure. Pajou conçoit une composition allégorique empruntée au répertoire marin antique. Une figure féminine drapée, assise sur un groupe de trois dauphins enlacés, tient dans ses bras un jeune enfant qu'elle offre au regard. L'image est doublement lisible : les dauphins, qui portent la figure, désignent dans le rébus visuel l'héritier de la couronne — le Dauphin de France — tandis que la composition reprend l'iconographie traditionnelle de Vénus marine portée par les monstres des eaux. L'œuvre est remise par le sculpteur à la manufacture de Sèvres le 24 décembre 1781 sous la description : « Vénus sortant des eaux portée par des dauphins et tenant l'Amour dans ses bras ». Pajou avait pris soin d'imprimer au visage de Vénus les traits reconnaissables de la reine Marie-Antoinette et de border la draperie d'un semis de fleurs de lys. L'identification de la reine à la déesse dénudée déplut à Marie-Antoinette ou au comte d'Angiviller, jugeant inconvenant de représenter la souveraine sous les traits d'une femme nue ; il fut donc refusé que le modèle fût édité en l'état. Le 20 janvier 1782, le comte d'Angiviller adresse au directeur de la Manufacture de Sèvres l'instruction de « changer la physionomie de la tête de Vénus » afin qu'elle ne ressemblât plus à la souveraine et de « supprimer les fleurs de lys qui couvraient la draperie ». D'Angiviller souhaite toutefois recevoir la livraison de deux exemplaires du groupe avant modification. Le 3 février, le directeur de la manufacture rapporte que Pajou a demandé que la tête et la partie attenante soient moulées en terre glaise et conservées « en état de mollesse où cela doit être pour pouvoir y travailler » et qu'il a indiqué que les repareurs pourraient ôter les fleurs de lys de la draperie sans difficulté. Le présent exemplaire appartient à ce second état : la figure féminine présente un visage idéalisé éloigné de toute ressemblance physionomique avec la reine, et la draperie est dépourvue de fleurs de lys. Un modèle exclusivement acquis par la famille royale Les registres de ventes de la manufacture royale, conservés aux archives de la Cité de la céramique à Sèvres, révèlent que les rares exemplaires du groupe de la Naissance du Dauphin furent acquis exclusivement par les membres de la famille royale. Le roi Louis XVI (année 1782). Au cours de l'année 1782, dans le cadre de la « vente à crédit faite à Versailles » tenue par la Manufacture, Louis XVI achète un premier « Groupe allégorique de Monseigneur le Dauphin » au prix de 240 livres, accompagné d'un socle à 96 livres (archives Sèvres, registre Vy8, f° 146). La même année 1782, il acquiert encore « 2 Groupes allégoriques » à 240 livres chacun, soit 480 livres au total (ibid., f° 147). La désignation et le prix, identiques à ceux du groupe explicitement nommé quelques lignes plus haut, permettent de présumer qu'il s'agit de deux nouveaux exemplaires du modèle de la Naissance du Dauphin. Monseigneur le comte d'Artois (16 août 17
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