Objets d'art & d'Ameublement
12 décembre 2025- Hôtel Drouot salle 16.
COMMISSAIRES-PRISEURS
Géraldine Jost-Badin & Brice Pescheteau-Badin
16, rue de la Grange-Batelière - 75009 Paris
bids@pescheteau-badin.com
www.pescheteau-badin.com
Assistés du Cabinet Turquin
Monsieur Stéphane PINTA
69, rue Sainte-Anne
75002 Paris
Tél : 01 47 03 48 78
stephane.pinta@turquin.fr
LA SEULE NATURE MORTE CONNUE DE FRANÇOIS BOUCHER AUX ENCHÈRES
La maison de vente Pescheteau-Badin présente le 12 décembre 2025 à Drouot une découverte majeure qui bouleverse notre connaissance de François Boucher : Nature morte au vanneau huppé et au combattant varié, seule nature morte connue de l'artiste. Expertisé par le Cabinet Turquin, le tableau sera exposé les 11 et 12 décembre prochains.
Cette œuvre inédite, qui n'a jamais été présentée sur le marché de l'art ni aux enchères, révèle pour la première fois une facette totalement méconnue du peintre du roi : sa pratique quotidienne de la nature morte, un exercice qu'il menait chaque matin pendant deux heures selon le témoignage de son élève Johann-Christian von Mannlich.
« Une nature morte de François Boucher : c’est un événement en soi. Jamais passée sur le marché, inconnue des catalogues raisonnés, cette œuvre révèle un pan méconnu du peintre et entre immédiatement dans la catégorie des pièces de collection. Sa fraîcheur, son sujet, sa provenance : tout concourt à en faire une découverte majeure pour les amateurs de peinture française du XVIIIe siècle. » — Brice Pescheteau-Badin, commissaire-priseur, Pescheteau-Badin
« Cette nature morte, la seule conservée à ce jour de François Boucher, jette une lumière inédite sur la discipline quotidienne du peintre. Bien loin des compositions galantes pour lesquelles il est célébré, elle révèle un regard précis, une touche dense, et une liberté d'exécution fascinante. C’est un tableau discret mais fondamental, qui redéfinit silencieusement les contours de son œuvre. » — Stéphane Pinta, Cabinet Turquin.
UNE DÉCOUVERTE QUI RÉVÈLE LE QUOTIDIEN DE FRANÇOIS BOUCHER
François Boucher a probablement réalisé de nombreuses natures mortes, aujourd'hui perdues : nous découvrons aujourd’hui qu’il peignait ou dessinait chaque matin pendant deux heures tout objet se trouvant sous ses yeux, appliquant strictement ce qu'Oudry développe dans sa conférence intitulée Manière d'étudier la couleur en comparant les objets entre eux donnée à l'Académie royale de Peinture et Sculpture en 1749. L’élève de Boucher, Johann-Christian von Mannlich décrit avec précision dans ses Mémoires cet exercice auquel l'artiste se soumettait quotidiennement. Cette œuvre unique, qui a survécu au temps et se trouve en excellent état de conservation, constitue donc un émouvant témoignage de cette pratique méconnue du maître.
UNE ŒUVRE UNIQUE DANS LE CORPUS DU PEINTRE
Cette nature morte constitue un ajout important à l'œuvre peint de François Boucher. C’est un sujet unique dans le corpus du maître. La maîtrise de la touche et des empâtements, la beauté de la composition et la précision de l'exécution, l'usage de noir nuancé de vert sombre, présentent toutes les caractéristiques propres au métier de François Boucher et doit etre datée autour de 1745, période de maturité de l'artiste. On ressent l'influence des maîtres nordiques du XVIIe siècle, qui avaient beaucoup inspiré François Boucher dix ans auparavant, et qu’il restitue dans certaines de ses scènes de genre telles que La Belle cuisinière, La Belle Villageoise ou Le Retour du Marché.
L'INFLUENCE D'OUDRY ET L'ART CYNÉGÉTIQUE
Ces sujets de natures mortes liés à la chasse évoquent aussitôt Jean-Baptiste Oudry, peintre de cour du Roi. Ce dernier entretient une relation étroite avec le jeune François Boucher de vingt ans son cadet. Leur collaboration fructueuse à la manufacture de Beauvais à partir de 1736, et les belles natures mortes que Boucher insère dans ses tableaux dès 1735, illustrent les échanges entre les deux artistes. Il achète à Oudry, à peu près à cette période, une de ses toiles : une Nature morte avec une perdrix et un lapin aujourd'hui conservée au château de Drottningholm en Suède (inv. DRH 28). Il est d’ailleurs intéressant de constater, en comparant les deux tableaux, la différence de procédé entre les deux peintres. Oudry privilégie les tons blancs et gris. Il redoute
l’usage des pigments noirs, crainte qu’il évoque dans l’un de ses discours. Boucher, quant à lui, s’émancipe de ce principe. Il n’hésite pas à se servir du noir pour créer de profonds contrastes.
Le présent tableau témoigne de la maîtrise de l'artiste dans cet exercice, peu représenté aujourd'hui dans son œuvre, et suggère également que ce genre de trophée de chasse pouvait lui être commandé par un amateur. La signature de l'artiste, discrète mais apposée en pleine matière, semble en effet indiquer une commande et non un simple exercice, malgré la simplicité du sujet.
INFORMATIONS PRATIQUES
EXPOSITIONS PUBLIQUES À PARIS (entrée libre)
• Lieu : Hôtel Drouot, 9 rue Drouot, 75009 Paris
- 11 décembre 2025 : 11h-20h et - 12 décembre 2025 : 11h-12h