Alberto SAVINIO (1891-1952) - Lot 70

Lot 70
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Estimation :
30000 - 50000 EUR
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Alberto SAVINIO (1891-1952) - Lot 70
Alberto SAVINIO (1891-1952) Sans titre (portrait de femme assise à la robe fleurie), vers 1927 - 1928 Huile sur toile, signée vers le bas vers la droite 60 x 81 cm. Provenance : - Collection particulière, Seine et Marne - Par descendance aux actuels propriétaires Une attestation d'inclusion dans les archives Alberto Savinio, en date du 20 février 2026, sera remise à l'acquéreur. Né Andrea de Chirico à Athènes en 1891, Alberto Savinio adopte son pseudonyme au cours de ses premières années parisiennes. Son œuvre ne se limite pas à la peinture : il écrit, compose, travaille pour le théâtre et aborde l'image avec une liberté nourrie par ces différents registres. Revenu à Paris en 1926, il donne alors une place nouvelle à la peinture et présente sa première exposition personnelle l'année suivante, à la galerie Bernheim-Jeune, avec une présentation de Jean Cocteau. Dans ce portrait, cette liberté apparaît dans la construction même de la scène. Savinio place une femme assise au premier plan, sur un fauteuil qui semble davantage appartenir à un intérieur qu'à une terrasse. Ce meuble, avec son dossier arrondi et son allure domestique, crée un premier décalage. Il ne paraît pas simplement posé dehors : il donne à la figure une position presque installée, comme si elle se trouvait devant un décor. Le fond est traité dans une gamme très resserrée, dominée par des gris, des bruns et des tons clairs. Il n'est pourtant pas secondaire. L'eau, les reliefs et le ciel chargé composent un paysage étrange, difficile à identifier. Sommes-nous au bord d'un lac, devant un décor peint, sur une scène de théâtre ? La couleur se concentre sur le premier plan : le bleu de la robe, les motifs floraux qui l'animent, les bracelets, ainsi que les tonalités plus soutenues du fauteuil. Le modèle se détache ainsi par contraste avec ce paysage presque monochrome. Mais cette présence n'a rien de parfaitement tranquille. Le visage, tourné vers le spectateur, garde une expression retenue ; le regard paraît légèrement inquiet, comme en décalage avec la pose assise et le calme apparent de la scène. Cette inquiétude discrète rejoint l'étrangeté du décor. Le ciel sombre ne transforme pas le paysage en menace ouverte, mais il empêche de lire l'œuvre comme un simple portrait en plein air. Tout semble à la fois posé et instable : la femme, le fauteuil d'intérieur, la terrasse, le fond presque théâtral. Savinio construit ainsi une image qui conserve la forme d'un portrait, mais la déplace vers une situation plus ambiguë, entre présence réelle et mise en scène.
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